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Histoire de la Thaïlande

par Fred

Introduction

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut savoir que le nom « Thaïlande », actuel nom du pays n’est apparu qu’en 1939. Nous parlerons donc de l’histoire du pays en évoquant principalement le Siam, ancien nom porté pendant près de 1000 ans. Les Thaïs sont originaires de la Chine du Sud. Ils s’établirent au Yunnan, actuelle province du sud-ouest de la Chine, au 1er siècle av. J.C.

Les premières vagues de migration vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le 11ème siècle. Les Khmers, dont l’Empire s’étendait alors sur la région, appelèrent ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) signifiant « brun » ou « foncé » et qui est à l’origine du nom « Siam », dénomination que portera le pays pendant plusieurs centaines d’années.

Le Royaume du Siam a été fondé en 1350 par le roi Ramathibodi 1er. Ses capitales successives furent Ayutthaya, Thonburi, puis Bangkok, dernière et actuelle capitale du pays.

Tour d’horizons de la contrée avant l’arrivée des Thaïs

Région du Founan

Fou-Nan et Chen-La (du 3ème au 5ème siècle)

Au 3ème siècle, une puissance maritime, le Fou-Nan, reconnue par le nom que lui donnent des textes chinois, contrôlait le sud du Viêt Nam, la basse vallée du Chao Phraya (fleuve traversant tout le Nord et la partie centrale de la Thaïlande actuelle) et le nord de la péninsule malaise.

Cette peuplade fut décrite par les Chinois comme laide, noire, avec des cheveux frisés et se promenant sans vêtements et nu-pieds. On pense que ses habitants sont ethniquement Khmers (groupe ethnique dominant du Cambodge mais dont on retrouve aussi une minorité en Thaïlande et au Viêt Nam).

Un peu plus tard, à la fin du 5ème siècle, apparait une nouvelle puissance, agraire cette fois-ci. Encore une fois, on ne la connait que par son nom chinois, le Chen-La. Cette puissance s’étendait sur le nord du Cambodge et le nord-est de l’actuelle Thaïlande. Elle finit par annexer le Fou-Nan. On considère aujourd’hui que le Chen-La est l’ancêtre du Cambodge. Cette vaste région était connue par les étrangers comme le Sovannaphum.

Les Môns

Entre le 6ème et le 9ème siècle s’épanouit, dans le centre de la Thaïlande, une civilisation appelée Dvaravati. Elle appartenait à un peuple, les Môns, qui vivaient de la Basse-Birmanie au nord de la péninsule Malaise. On la considère comme une civilisation prospère dû à la dispersion des nombreux sites qu’on lui attribue. Cette prospérité est probablement liée au commerce sillonnant l’Asie du Sud-Est continentale durant cette période.

Ce sont les Môns qui fondèrent au 7ème siècle le Royaume de Lavo sur le site de l’actuelle ville de Lopburi en Thaïlande (ville située à 200km de Bangkok) et celui d’Haripunjava sur celui de l’actuelle Lamphun (ville du Nord de la Thaïlande non loin de Chiang Mai).

La péninsule Malaise

La péninsule malaise s’intégrait dans un réseau commercial maritime qui reliait la Chine à l’Inde et qu’on appelle parfois aujourd’hui la route maritime de la soie. Les cités-Etats portuaires de la péninsule adoptaient des modèles culturels et politiques indiens dûs à cette période qu’on nomme « Indianisation de l’Indonésie ».

Des textes chinois du 3ème siècle mentionnent une cité qu’ils appellent Dun-Sun, située dans le nord de la péninsule et qui contrôle les deux côtes. Plus au sud de celle-ci, on a trouvé, près de la ville actuelle de Chaiya, des vestiges qu’on a datés du début du 5ème siècle et appartenant à une cité que les textes chinois appellent Pan-pan.

Les Khmers

Au 9ème siècle, les Khmers, dont la capitale est située à Angkor, ont pris progressivement le contrôle de l’ensemble de l’Asie du Sud-Est continentale en imposant leur domination aux Môns.

C’est à cette époque que les premiers groupes de Thaïs, provenant de la Chine méridionale, ont commencé à s’établir au nord de l’Empire Khmer et des Monts Dangrêk (massif boisé du Sud-Est actuel de la Thaïlande, sur la frontière avec le Cambodge). Durant la période des 11 et 12èmes siècles, les Thaïs devinrent dominants dans la population de cette région.

De la naissance du Siam à la Thaïlande actuelle

Sukhothai

Les royaumes de Sukhothaï et Lannathai (de plus ou moins 1238 à 1558)

La tradition thaïlandaise veut que les chefs de clans thaïs se sont affranchis de la suzeraineté des Khmers en 1238 en élisant un roi. Le fis de ce roi, nommé Ramkhamhaeng, autrement dit, « Rama le Hardi », fut connu par une inscription datée de 1292 et que les Thaïs considèrent actuellement comme l’acte fondateur de leur nation. Après sa mort, le pouvoir de Sukhothaï a petit à petit faibli pour finir annexé par le royaume d’Ayutthaya en 1365, royaume qui a dominé la Thaïlande méridionale et centrale jusqu’en 1700.

Sukhothai

Beaucoup d’autres États thaïs ont coexisté avec Sukhothaï, notamment le royaume de Lannathaï (ou royaume de Lanna) dans le Nord. Cet État a émergé à la même période que Sukhothaï, mais a survécu plus longtemps. Son histoire indépendante s’est terminée en 1558, quand il est tombé aux mains des Birmans. Il a ensuite été alternativement dominé par Ayutthaya et la Birmanie avant d’être conquis par le Roi siamois Taksin en 1775.

Le royaume d’Ayutthaya (de 1350 à 1767)

Ancienne carte du Royaume du Siam

Le royaume du Siam a été fondé en 1350 par un prince thaï qui fonda Ayutthaya et monta sur le trône sous le nom de Ramathibodi Ier. Le Siam combattit à la fois l’Empire khmer, le royaume de Sukhothaï et le royaume du Lanna. En 1431, il conquit la capitale khmère, Angkor. Vers 1430, il absorba complètement le royaume de Sukhothaï.

Ayutthaya

Il est le premier souverain d’Ayutthaya a apporté deux contributions importantes à l’histoire de la Thaïlande : l’établissement et la promotion du bouddhisme theravada comme religion officielle, pour différencier son royaume du royaume hindou voisin d’Angkor, et l’élaboration du « Dharmashastra », un code légal basé sur des sources hindoues et des coutumes thaïes traditionnelles. Le Dharmashastra est demeuré un instrument de la loi thaïe jusqu’à la fin du 19ème siècle.

Ayutthaya

Ayutthaya avait des contacts avec l’Occident, à commencer par les Portugais au 16ème siècle. Mais jusque dans les années 1800, c’étaient surtout ses relations avec les nations voisines comme l’Inde et la Chine qui étaient primordiales.

Ayutthaya contrôlait un territoire considérable, allant des royaumes du nord de la péninsule malaise aux États du nord de la Thaïlande. Les Birmans pillèrent Ayutthaya en 1569 et la détruisirent en 1767, mettant fin au royaume d’Ayutthaya. La famille royale dut fuir la ville où le roi mourra de faim dix jours plus tard, marquant la fin de la lignée royale d’Ayutthaya. Elle fut reprise par Taksin mais celui-ci installa sa capitale plus au sud, à Thonburi.

La période de Thonburi, Bangkok (de 1768 à 1932)

Rama Ier

Le général Taksin parvint à réunifier le Siam à partir de sa nouvelle capitale Thonburi et se fit proclamer roi en 1769. Cependant, le roi Taksin fut déclaré fou, dépossédé de son titre, emprisonné et exécuté en 1782. Le général Chakri lui succéda en 1782 sous le nom de Rama Ier, premier roi de la nouvelle dynastie Chakri. La même année, il fonda une nouvelle capitale, Bangkok, sur la rive de la Chao Phraya, en face de Thonburi.

Dans les années 1790, les Birmans furent défaits et chassés du Siam. Le royaume de Lannathaï, s’étant aussi débarrassé de l’occupation birmane, un roi d’une nouvelle dynastie y est installé dans les années 1790. Ce roi n’est en réalité qu’une marionnette du roi Chakri.

La Thaïlande et ses relations avec les Occidentaux

Après la victoire des Anglais sur le royaume birman en 1826, les héritiers de Rama Ier s’inquiétèrent de la menace du colonialisme européen. La première reconnaissance thaïe d’une puissance coloniale dans la région fut formalisée par la signature d’un traité d’amitié et de commerce avec le Royaume-Uni en 1826, le traité Burney.

Rama IV

En 1833, les États-Unis ont inauguré des échanges diplomatiques avec le Siam. Cependant, c’est pendant les règnes de Mongkut (Rama IV) et de son fils le roi Chulalongkorn (Rama V) que la Thaïlande se rapprocha fermement des puissances occidentales.

Les Thaïs, grâce aux qualités diplomatiques de leurs monarques et aux réformes modernistes de leurs gouvernements purent se targuer que le Siam fut le seul pays d’Asie du Sud-Est à avoir échappé à la colonisation.

Progressivement, au 19ème siècle, le Siam recula face à deux puissances européennes : le Royaume-Uni et la France. Ces deux puissances grignotèrent le pays, à la fois territorialement sur ses frontières, et dans sa souveraineté. La France, en 1873 et 1883, intervint deux fois pour mettre fin à des troubles dans le Tonkin (partie nord du Viêt Nam actuel), théoriquement sous protectorat siamois. En réaction, le Siam occupa Luang Prabang (ville du Laos actuel) en 1883, mais ne put empêcher l’installation d’un vice-consulat français dans cette ville en 1886, ni l’annexion en 1888 de 72 cantons par la France.

Rama V

En 1893, plusieurs incidents opposèrent le Siam et la France : soit celle-ci les provoqua, soit elle en exagéra l’importance, faisant ainsi monter la pression, jusqu’à l’envoi illégal de deux « canonnières » à l’embouchure de la Chao Phraya, que leurs capitaines voulaient faire monter jusqu’à Bangkok. Le Siam se mit en tort en ouvrant le feu. Le casus belli fut saisi par Pavie, résident français à Bangkok, qui exigea l’abandon de la rive orientale du Mékong; un blocus fut mis en place à l’embouchure de la Chao Phraya.

Le Siam céda, et la France ajouta à ses exigences une zone démilitarisée large de 25 km le long de la rive occidentale du Mékong (fleuve traversant la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt Nam), plus les provinces de Battambang et de Siem Reap (villes du Cambodge actuel). La ville de Chanthaburi fut occupée par une garnison française (traité signé le 3 octobre 1893). Le 13 février 1904, la France annexa Luang Prabang et Champassak (villes du Laos actuel).

Du côté anglais, des provinces du Siam furent réunies à la Birmanie. Le chemin de fer vers Singapour fut concédé en exclusivité à une société britannique. Un traité anglo-siamois de 1909 établit la frontière moderne entre le Siam et la Malaisie britannique. Le Siam dut céder à l’Angleterre plusieurs états malais. La suzeraineté thaïe fut maintenue sur le royaume de Patani, depuis divisé. Une série de traités avec la France a fixé la frontière orientale actuelle du pays avec le Laos et le Cambodge. Au total, le Siam a perdu 456 000 km² durant le règne de Chulalongkorn.

Le Siam et la Première Guerre mondiale

Rama VI

Bien que le Siam ne soit pas concerné par la Première Guerre mondiale, le roi Rama VI décida de l’y engager dans l’espoir d’obtenir la fin des traités inégaux (ensemble de traités entre la Chine et plusieurs puissances occidentales appelés Traités inégaux par les Chinois).

Le pays déclara la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie le 22 juillet 1917. Son armée saisit plusieurs navires allemands et un petit corps expéditionnaire fut envoyé en Europe. Cette action permit au Siam de figurer parmi les vainqueurs de la guerre au Traité de Versailles (Traité de paix entre l’Allemagne et les pays Alliés).

De Siam à Thaïlande, dictature militaire et Seconde Guerre mondiale

Le 24 juin 1932, un coup d’état amené sans effusion de sang fut la transition de passage entre une monarchie absolue et une monarchie constitutionnelle. Parmi les conspirateurs et les instigateurs de ce coup d’état se trouvait le lieutenant-colonel Plaek Pibulsonggram, plus connu sous le nom de Phibun.

En 1935, le roi Prajadhipok dut donc abdiquer. Son neveu Ananda Mahidol, un enfant qui était en train de suivre son éducation en Suisse, fut désigné pour lui succéder. En 1938 Phibun, qui avait à ce moment-là le grade de major-général, devint premier ministre. Il était un grand admirateur de Mussolini (dictateur italien). Il fit arrêter 40 opposants politiques en 1939, monarchistes aussi bien que démocrates. Après une série de procès totalement rocambolesques, 18 d’entre eux furent exécutés.

C’est le moment que choisit Phibun pour changer le nom du pays, qui de Siam devint Prathet Thai, autrement dit « pays des Thaïs » ou Thaïlande. Ce nom sous-entendait une unité de tous les peuples de langue thaïe, ce qui incluait les Lao du Laos et les Shan de Birmanie, mais excluait les Chinois.

Le général Phibun

Le slogan du régime fut d’ailleurs la « Thaïlande aux Thaïs ». Un autre argument était étymologique, le mot thaï signifiant également « libre ». Le nom de Prathet Thai fut d’abord employé non officiellement entre 1939 et 1945 puis déclaré officiel le 11 mai 1949.

En 1940, profitant de l’affaiblissement de la France après la défaite de juin devant les Allemands, la Thaïlande attaqua l’Indochine française. La guerre franco-thaïlandaise dura quelques mois, et se conclut par l’annexion de quelques provinces par la Thaïlande, notamment grâce à l’arbitrage de l’Empire du Japon, soucieux de se ménager un allié en Asie.

Le 8 décembre 1941, la 25ème armée japonaise envahit le sud de la Malaisie, alors toujours sous protectorat britannique. Le gouvernement thaïlandais ayant tardé à donner l’autorisation de traverser son territoire, le Japon passa en force. Des heurts se produisirent entre Thaïlandais et Japonais, mais un cessez-le-feu fut décrété le même jour. Constatant l’avance foudroyante des Japonais dans la Bataille de Malaisie, le gouvernement thaïlandais oublia ses réticences et s’allia avec l’Empire du Japon.

Le Quartier général impérial signa le 21 décembre un « traité d’amitié » avec le gouvernement thaïlandais et l’amena à lui laisser l’usage de ses bases militaires pour l’invasion d’autres pays d’Asie du Sud-Est. En accord avec l’alliance militaire entre la Thaïlande et le Japon signée le 21 décembre 1941, le 25 janvier 1942, la Thaïlande déclara la guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Des éléments de l’armée thaïlandaise franchirent la frontière et pénétrèrent dans l’état Shan (dont les habitants sont de langue de la même famille que le thaï) en Birmanie le 10 mai 1942. Trois divisions d’infanterie et une division de cavalerie, précédées de groupes de reconnaissance et soutenues par l’aviation, entrèrent en contact avec la 93e division chinoise, qui dut battre en retraite. Kengtung fut prise le 27 mai. De nouvelles offensives repoussèrent les troupes chinoises au Yunnan dans le sud de la Chine.

En août 1943, les Alliés créèrent le South East Asia Command (SEAC) dans le but de coordonner leurs différentes troupes. La première zone d’opération pour les forces terrestres du SEAC est constituée par l’Inde, la Birmanie, Ceylan, la Malaisie, Sumatra (dans l’actuelle Indonésie) et la Thaïlande. En parallèle, une opposition à la politique de Plaek Pibulsonggram vit le jour en Thaïlande. SeniPramoj, ambassadeur de Thaïlande aux États-Unis, refusa de remettre la déclaration de guerre, et fonda à Washington les « Forces Thaïlandaises Libres ».

La Reine Ramphaiphanni, veuve de l’ancien Roi, anima un gouvernement en exil au Royaume-Uni. Le régent Pridi Banomyong anima secrètement des mouvements anti-Japonais. L’économie de la Thaïlande souffra clairement de sa participation au conflit mondial. En tant qu’allié du Japon, le pays dut subir des bombardements.

Avec les revers successifs du Japon, Phibun et ses sbires se trouvèrent en minorité à l’Assemblée et il fut contraint de démissionner. À la fin de la guerre, les Alliés le jugèrent pour crimes de guerre et collaboration avec l’ennemi. Mais l’opinion publique, qui lui était favorable, amena à l’arrêt des poursuites.

Le retour de Phibun et l’après Seconde Guerre mondiale

Suite à ces événements, le jeune Roi Ananda Mahidol, alors en Suisse pour son éducation, revint en Thaïlande à la fin de l’année 1945, après des années d’absence. Mais, le 9 juin 1946, il fut retrouvé mort, tué d’une balle, dans des circonstances obscures.

Rama IX

Son frère Bhumibol Adulyadej (Rama IX), actuel roi de Thaïlande, lui succéda. En novembre 1947, des unités de l’armée contrôlées par Phibun, toujours lui, forcèrent le gouvernement à démissionner. Phibun redevint premier ministre en avril 1948. Cette fois-ci, son régime tenta d’adopter une façade démocratique. Il reçut de l’aide des États-Unis lorsque la Thaïlande participa à la force multinationale des Nations Unies lors de la guerre de Corée.

Phibun renoua avec sa politique anti-Chinoise des années 30. Son gouvernement arrêta avec virulence l’immigration chinoise et prit diverses mesures pour restreindre la domination économique des Chinois en Thaïlande. Les écoles et associations chinoises furent à nouveau interdites. En 1951, alors qu’il assistait à une cérémonie à bord du USS Manhattan, bateau de la force marine américaine, Phibun fut pris en otage par un groupe d’officiers de la marine thaïlandaise. Des combats éclatèrent dans les rues de Bangkok entre la marine et l’armée de terre, cette dernière étant soutenue par l’armée de l’air. Phibun parvint à s’échapper et les marins déposèrent les armes. La Thaïlande devint un allié officiel des États-Unis avec la signature de l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (SEATO dans son sigle anglais) en 1954.

Durant la guerre d’Indochine, elle resta néanmoins à l’écart. En 1957, le maréchal Sarit Dhanaraj (Thanarat) prit le pouvoir et força Phibun à s’exiler au Japon. Ce dernier y demeura jusqu’à sa mort en 1964. La Thaïlande passa ensuite un accord secret avec les États-Unis en 1961. Elle envoya des troupes au Viêt Nam et au Laos et autorisa les États-Unis à installer des bases aériennes dans l’est du pays, d’où décollaient des bombardiers B-52 qui pilonnaient le Nord Viêt Nam.

1973 et un semblant de démocratie

L’histoire de la Thaïlande depuis 1973 a été une suite de transitions difficiles et parfois sanglantes entre le pouvoir militaire et civil. La révolution de 1973 a été suivie d’une brève et instable démocratie, puis du retour à un régime militaire, porté au pouvoir par un coup d’État en 1976. Ce régime militaire a été très instable en raison des multiples coups d’État.

Au cours de la plus grande partie des années 1980, le général Prem Tinsulanonda a régné sur la Thaïlande à la tête du régime militaire, et ce, avec un mandat démocratique à partir de 1983. Par la suite, le pays est demeuré une démocratie, mise à part une brève période sous un régime militaire de 1991 à 1992. Le parti Thai Rak Thai (les Thaïs aiment les Thaïs) mené par le premier ministre Thaksin Shinawatra gouverna à partir de 2001. Le parti lança un certain nombre de réformes à destinations des classes populaires, surtout dans les régions rurales et dans l’Est. Le 19 septembre 2006, alors que le premier ministre Thaksin se trouvait à New York, il fut renversé par une partie des forces armées lors d’un coup d’Etat.

Sonthi Boonyaratglin, 59 ans, premier musulman à occuper ce poste dans le royaume bouddhiste, prit la tête d’un Conseil pour la réforme démocratique formé des commandants des trois armes et de la police, qui abrogea la Constitution, décréta une loi martiale aux contours mal définis, dissout le gouvernement et prit tous les pouvoirs. Depuis cette date, plusieurs Premiers ministres se sont succédé, et l’instabilité est toujours de mise, culminant en 2010 dans d’importantes manifestations populaires.

En 2011, la sœur de Taksin, Yingluck Shinawatra, devient Premier ministre. Fin 2013, accusée d’être la marionnette politique de son frère, toujours en exil, elle est la cible de manifestations de l’opposition (urbaine et royaliste, alors que le Premier ministre est soutenue par les paysans ruraux) qui demandent sa démission, alors qu’est envisagé un projet d’amnistie pouvant faciliter le retour de Thaksin en Thaïlande. Même si des milliers de manifestants réussissent à envahir le siège du gouvernement, cette action n’est pas considérée comme une victoire politique, alors qu’une trêve a lieu pour célébrer les 86 ans du roi Bhumitbol et que l’armée refuse de prendre position. Elle décide finalement de dissoudre le Parlement et d’organiser des élections législatives anticipées, qui se tiendront le 2 février 2014. En mai 2014, le pays connaît son 12ème coup d’État depuis l’instauration de la monarchie constitutionnelle en 1932.

En octobre 2016, Rama X devient le nouveau roi de Thaïlande.

Texte adapté de l’article « Histoire de la Thaïlande » sur Wikipédia

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